Interview de M. Luc Meier (Directeur de l’ArtLab, EPFL)

Mental Work, c’est quoi ?

Mental Work est une exposition art-science interactive, une « usine à penser » où le visiteur, nommé pour l’occasion « mental worker », contrôle grâce à l’activité électrique (EEG : Electroencéphalographie) de son cerveau des machines grâce à des interfaces cerveau-machine. L’exposition est une collaboration entre le laboratoire dirigé par le professeur José Millán, professeur de neuroscience à la Chaire Defitech pour les Interfaces Homme-Machine de l’EPFL et l’artiste américain Jonathon Keats, qui a imaginé et conçu les machines chromées inspirées des différentes révolutions industrielles.

Quel est le but de cette exposition ?

L’idée principale de cette exposition est de susciter un débat sur la société de demain. Quel est le lien entre la 1ère révolution industrielle symbolisée par la machine et la 4ème révolution – cognitive – dont on est en train de vivre les balbutiements. A l’instar de la révolution industrielle, les mêmes questions reviennent aujourd’hui. Quelle est la relation entre l’humain et la machine ? Contrôle-t-on les machines ou s’adapte-t-on à ce qu’elles peuvent faire ? Quelle est la place de la machine et l’homme dans le monde du travail ?

L’exposition joue également le rôle de laboratoire en continu, générant avec ses visiteurs des données qui nourrissent directement la recherche sur les interfaces cerveaux-machines, présentée dans le projet.

Comment les visiteurs s’approprient l’exposition ?

L’exposition présente plusieurs obstacles pour le visiteur. Le premier étant son accès relativement confidentiel puisque seuls quelques visiteurs actifs (les workers) peuvent expérimenter l’installation en même temps, alors que les autres visiteurs sont cantonnés dans le rôle d’observateurs, typique d’un parcours visiteur dans une usine. L’expérience active, ensuite, est d’une durée conséquente – 90 minutes. Finalement, la question se pose de savoir si, dans une exposition qui réduit consciemment au minimum le contenu explicatif écrit fourni en début de visite et mise sur une signalétique symbolique et minimaliste, le public y comprend véritablement les notions relayées de manière technologique.

Qu’attendez-vous de l’intervention des Museomixeurs ?

L’équipe de Mental Work se réjouit de découvrir le projet des museomixeurs qui apporteront certainement un regard frais et décalé pour relayer d’une autre manière le message auprès du public. Ils tiendront compte de la forte identité du projet mais tenteront de maximiser les opportunités fournies par les « blancs » de l’exposition pour insister sur ses messages-clé.

L’enjeu est à la fois de générer un débat sur une contemporanéité science-société, de tester l’accessibilité pour le grand public de la technologie liée à l’interface cerveau-machine et de collecter des données pour la recherche.

Est-ce que les museomixeurs vont remettre en question la stratégie scénographique de l’exposition ?  Vont-ils s’inspirer d’autres usines qui se visitent (les chocolateries suisses par exemple) ? Vont-ils explorer d’autres canaux historiques à explorer ?

Réponse aujourd’hui dimanche 12 novembre à 16h00 pour le vernissage des prototypes !